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A propos du projet

Depuis juillet 2022, la Fondation Avril accompagne l’Agri-agence Fert dans un projet pilote de développement de la filière niébé dans le nord de la Côte d’Ivoire. Déployé dans les régions du Poro et de la Bagoué, ce programme vise à renforcer la production et la valorisation de cette légumineuse riche en protéines, largement consommée en Afrique de l’Ouest.

L’objectif est double : améliorer les revenus des exploitations agricoles familiales et renforcer la sécurité nutritionnelle des populations rurales, tout en explorant de nouveaux débouchés pour des produits transformés destinés à la consommation humaine.

Pour quels publics ?

Le projet s’adresse principalement :

  • aux producteurs et productrices agricoles du nord de la Côte d’Ivoire
  • aux organisations paysannes locales, impliquées dans la structuration de la filière
  • aux groupes de transformation et de commercialisation, notamment féminins
  • aux acteurs du marché et acheteurs institutionnels, intéressés par la valorisation du niébé.

En 2024, le projet accompagne 22 organisations villageoises, représentant 956 producteurs, dont 55 % de femmes.

Ambitions du programme

Le projet vise à structurer une filière niébé durable et performante autour de plusieurs objectifs :

  • renforcer la production agricole grâce à l’amélioration des pratiques culturales ;

  • sécuriser l’accès à des semences de qualité adaptées aux conditions locales ;

  • développer la valorisation économique du niébé, notamment par la transformation et l’accès au marché ;

  • améliorer les revenus et la résilience des exploitations familiales ;

  • contribuer à la sécurité nutritionnelle grâce à une meilleure disponibilité de cette légumineuse riche en protéines.

 

Pour atteindre ces objectifs, le projet met en œuvre plusieurs actions complémentaires.

Un appui technique de proximité est assuré grâce au recrutement de deux conseillers agricoles et à la formation de 54 paysans-relais, chargés de diffuser les bonnes pratiques auprès des producteurs. Ces formations portent notamment sur les techniques culturales du niébé, la gestion technico-économique des exploitations et la valorisation post-récolte.

Des champs-écoles paysans et des parcelles de démonstration ont également été mis en place afin de comparer les pratiques agricoles traditionnelles avec des itinéraires techniques améliorés, incluant la fertilisation légère et la lutte intégrée contre les ravageurs.

Par ailleurs, un programme de multiplication de semences a été conduit au sein du Centre de Formation Agricole et Rural (CFAR) des Savanes, en partenariat avec l’Université de Korhogo, afin de tester et produire différentes variétés adaptées au contexte local.

Le projet agit également sur la valorisation économique du niébé à travers des formations sur la récolte et le stockage, l’utilisation de sacs hermétiques PICS, la réalisation d’analyses nutritionnelles des variétés et la conduite d’enquêtes de marché.

Les actions menées ont déjà permis d’obtenir des résultats encourageants.

Les parcelles utilisant des pratiques améliorées ont atteint un rendement moyen de 872 kg par hectare, contre 670 kg par hectare pour les pratiques traditionnelles. Dans un contexte de prix favorables, les marges brutes dépassent 330 000 FCFA par hectare, contribuant à l’amélioration des revenus des producteurs.

Le programme de multiplication de semences a permis de tester huit variétés de niébé, dont certaines provenant du Burkina Faso, et de produire 520 kg de semences sélectionnées, prêtes à être redistribuées aux producteurs pour les campagnes suivantes.

Les analyses de marché ont également permis d’identifier les variétés les plus recherchées : les variétés à gros grain blanc sont privilégiées pour la consommation locale, tandis que les variétés rouges trouvent des débouchés à l’export vers les pays voisins.

Plusieurs initiatives ont été engagées pour renforcer la structuration collective de la filière.

Un atelier multi-acteurs réunissant 75 participants a été organisé afin de partager les résultats du projet et d’identifier collectivement les leviers de développement de la filière niébé.

Le projet soutient également deux groupes féminins dans leurs activités économiques et travaille à la mise en place de services collectifs pour les producteurs, notamment le préfinancement d’intrants, le stockage et les achats groupés de sacs ou de semences.

Enfin, des expérimentations ont été lancées autour de la mécanisation agricole adaptée, avec des tests de battage et de semis utilisant la traction animale. Ces travaux sont menés en collaboration avec le Cirad, afin d’identifier des solutions techniques adaptées aux exploitations familiales.

En 2025, le projet a visé à poursuivre l’extension des pratiques agronomiques améliorées, à diffuser plus largement les variétés sélectionnées et à tester des modèles de commercialisation groupée pour renforcer la position des producteurs sur le marché.

L’intégration de nouveaux partenaires, notamment l’union UFACOCI, a permis d’élargir l’impact du programme. Par ailleurs, le développement de partenariats avec des acheteurs institutionnels, tels que le Programme alimentaire mondial (PAM) ou les cantines scolaires, ouvre des perspectives prometteuses pour la valorisation locale du niébé et l’amélioration de la nutrition des populations ivoiriennes.

L’association FERT a été créée en 1981. C’est une agri-agence née de la rencontre de dirigeants d’organisations céréalières et de personnalités extérieures au monde agricole. Elle mobilise le savoir-faire et l’expérience détenus au sein des organisations professionnelles agricoles françaises et bénéficie depuis 40 ans du soutien des organisations céréalières et en particulier d’Unigrains. Fert est membre de l’alliance internationale AgriCord qui fédère 12 agri-agences de 10 pays.

Fert a pour mission d’aider des agriculteurs de pays en développement et émergents à améliorer leurs conditions de vie et de travail et leurs revenus, participant ainsi à l’amélioration de l’économie de leur pays. Fert accompagne les agriculteurs dans leurs démarches d’organisation pour leur permettre de choisir l’agriculture qu’ils veulent faire et la façon dont ils veulent la faire. Elle intervient dans le respect de la responsabilité des agriculteurs et dans la réalité du contexte économique de l’agriculture de chaque pays, avec le souci de la viabilité et de la durabilité des organisations créées.